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Blog · Photo de paysage

Le lac Noir (Schwarzsee) à Fribourg en photo : lumière, saisons et accès


Le lac Noir, Schwarzsee en allemand, est l'un de ces lieux où l'on arrive pour une balade et où l'on repart avec l'envie de revenir avec un trépied. Un lac de montagne posé au fond d'une vallée des Préalpes fribourgeoises, des pâturages qui descendent jusqu'à l'eau, des forêts de sapins et, tout autour, des crêtes calcaires qui accrochent les nuages.

Dans cet article, je vais t'expliquer de quel lac Noir on parle exactement (il y en a plusieurs en Suisse), comment t'y rendre et ce qui peut être fermé, comment repérer tes points de vue sur le tour du lac, et ce que j'ai appris des deux photos que j'y ai faites.

Ponton de bois qui s'avance sur le lac Noir, eau légèrement ridée, roseaux de chaque côté, pâturages verts et forêts de sapins sur la rive, sommet rocheux avec quelques plaques de neige, nuages éclairés d'une lumière dorée
Le ponton du lac Noir, une fin d'après-midi de juin : les planches mènent l'œil vers les pâturages et les sommets, sous un ciel partagé entre trouées bleues et nuages dorés. La fiche de cette photo détaille comment la refaire.

Quel lac Noir ? Il y en a plusieurs en Suisse

Si tu tapes « lac noir suisse » dans un moteur de recherche, tu risques de tomber sur trois endroits très différents. Mieux vaut savoir lequel tu cherches avant de prendre la route.

Le lac Noir de cet article est celui du canton de Fribourg, le Schwarzsee de la Singine, à un peu plus de 1000 mètres d'altitude, au fond d'une vallée de pâturages et de forêts. C'est un lac où l'on vient en famille, accessible en bus depuis Fribourg.

Le Schwarzsee de Zermatt, en Valais, n'a rien à voir : il se trouve à 2552 mètres, au pied du Cervin, avec sa petite chapelle Maria zum Schnee au bord de l'eau. Et il existe aussi un petit lac Noir dans les Alpes vaudoises, près du col de Bretaye, sur la commune d'Ollon : un plan d'eau de moins d'un hectare, à 1715 mètres, que l'on rejoint à pied depuis Bretaye ou le lac des Chavonnes.

Trois lacs, trois altitudes, trois ambiances. La suite de cet article ne parle que du premier.

Le lac Noir de Fribourg en quelques repères

Le lac Noir se trouve à 1046 mètres d'altitude, sur la commune de Planfayon, dans le district germanophone de la Singine. Il mesure environ 1,4 kilomètre de long pour 500 mètres de large, couvre un peu moins d'un demi-kilomètre carré et ne dépasse pas 10 mètres de profondeur. Ses eaux s'écoulent vers le nord et forment la Singine chaude, l'une des sources de la Singine.

Autour de lui, les sommets des Préalpes fribourgeoises ferment la vallée : le Schwyberg à l'ouest, les Reccardets et la Spitzfluh au sud, et la Kaiseregg, qui culmine à 2185 mètres, à l'est. Au sud du lac s'ouvre aussi la vallée de la Brecca, un paysage façonné par les glaciers et inscrit depuis 1996 à l'inventaire fédéral des paysages d'importance nationale.

Et le nom ? L'office du tourisme raconte que, selon la lumière, le lac brille de reflets turquoise, bleu foncé ou noir de jais. La légende locale, elle, préfère une autre explication : le géant Gargantua s'y serait lavé les pieds. Pour un photographe, la première version est la plus utile. Elle te dit déjà que la couleur de l'eau dépend du ciel, de l'heure et de ton angle, et que tu ne feras jamais deux fois la même image.

Comment y aller, et ce qui peut être fermé

En transports publics, prends le train jusqu'à Fribourg, puis le bus 123 des Transports publics fribourgeois, qui passe par Tavel et Planfayon avant de monter jusqu'au lac. Selon l'endroit où tu veux commencer, descends à l'arrêt « Schwarzsee, Bad », au bout du lac, ou au terminus « Schwarzsee, Campus ». En voiture, la route depuis Fribourg suit le même trajet, et tu trouveras des parkings au bord du lac, notamment celui de la Gypsera. Pour les tarifs de stationnement, renseigne-toi sur place.

Avant de partir, jette un œil aux avis de l'office du tourisme de Schwarzsee. Plusieurs routes et tronçons des environs du lac peuvent être fermés, par exemple :

  • La route d'accès à la Brecca, entre Seeweid et Hubel Rippa, peut être fermée en raison d'un risque de chutes de pierres ; une déviation est alors signalée sur SchweizMobil.
  • Dans la région de la Kaiseregg, des tronçons au départ du Berghaus de la Riggisalp (vers Salzmatt, Hürlisboden et la Kaiseregg) peuvent être fermés à la circulation pendant des travaux ou en cas de risque de chutes de pierres.

Aucun de ces avis ne concerne le tour du lac lui-même. Mais ces informations changent vite, surtout en montagne et à l'entre-saison : vérifie les actualités de Schwarzsee juste avant ta sortie, ou appelle l'office du tourisme au +41 26 412 13 13.

Le tour du lac : repérer avant de photographier

Le plus simple pour découvrir le lac, c'est d'en faire le tour à pied. Le sentier mesure environ 4 kilomètres, se parcourt en une heure et quart, avec à peine plus de 50 mètres de dénivelé : il reste entre 1046 et 1068 mètres d'altitude et il est classé facile. Le tour a été réaménagé en sentier Kneipp, avec sept étapes autour de l'eau, ce qui en fait aussi une balade agréable avec des enfants.

Je vais te donner un sacré conseil : fais ce premier tour sans sortir ton trépied. Marche, regarde, et note ce qui pourrait te servir de premier plan. Un ponton, une rangée de roseaux, une barque, une clôture de pâturage, un arbre isolé sur la rive. Repère aussi de quel côté la lumière arrive et quels sommets se reflètent quand l'eau est calme. Une photo de lac se construit presque toujours avec trois étages : un premier plan qui accroche l'œil, l'eau au milieu, les montagnes et le ciel au fond. Si l'un des trois manque, l'image paraît vide.

Ce repérage, c'est exactement ce que je fais avec les photographes que j'accompagne : on observe le lieu, la météo et les éléments importants avant de placer l'appareil. Une fois que tu as tes deux ou trois emplacements, tu peux revenir au bon moment, au lieu de courir d'un point à l'autre quand la lumière arrive.

La photo du ponton : ce que la lumière a fait ce jour-là

La première photo de cet article a été prise un soir de juin, vers 18 h selon les données du fichier, au 38 mm, à f/8, au 1/200 s et à 100 ISO. À cette période, le soleil se couche vers 21 h 20. Autrement dit, ce n'est pas une photo d'heure dorée : il restait encore trois bonnes heures de jour.

Ce qui donne cette lumière chaude, ce sont les nuages. À droite du cadre, une couche épaisse de nuages est éclairée par une lumière dorée, pendant qu'à gauche des trouées laissent voir le bleu. C'est une leçon que je trouve importante, surtout quand on débute : on a tendance à ne sortir qu'au coucher du soleil, et à rentrer quand le ciel est chargé. Pourtant, une journée de nuages qui bougent donne souvent plus de relief qu'un ciel bleu uniforme, à n'importe quelle heure.

Regarde aussi l'eau. Elle n'est pas lisse : le vent la ride légèrement, et elle renvoie la lumière argentée du ciel plutôt qu'un reflet net des montagnes. Ce jour-là, l'image ne pouvait donc pas reposer sur un miroir. Elle repose sur la géométrie du ponton : ses planches partent du bas du cadre, convergent vers le lac et conduisent le regard jusqu'aux sommets. Si tu veux la refaire, la fiche photo du ponton du lac Noir explique où te placer et comment garder du détail dans le ciel et dans les forêts.

Lever les yeux : les montagnes au téléobjectif

Versants couverts de forêts sombres au premier plan, pâturage vert éclairé par une trouée de soleil au centre, sommets rocheux avec des plaques de neige sous un ciel d'orage chargé, petit chemin en bas à droite
Huit jours plus tard, en début d'après-midi, au 170 mm : une trouée dans les nuages éclaire le pâturage au centre, pendant que les forêts restent dans l'ombre. La fiche de cette photo est sur le site.

Au lac Noir, l'eau n'est pas le seul sujet. Cette deuxième image ne montre même pas le lac : seulement les versants de forêt, un pâturage, des sommets rocheux où restent quelques plaques de neige, et un ciel d'orage. Elle a été prise un jour de juin, en début d'après-midi selon le fichier, au 170 mm, à f/8, au 1/160 s et à 100 ISO.

Tu vas me dire que le milieu de journée est le pire moment pour photographier. En règle générale, oui : la lumière tombe d'en haut, elle écrase les reliefs. Eh bien je te réponds que tout change quand les nuages s'en mêlent. Ici, le ciel est fermé, sauf à un endroit où le soleil perce et éclaire le pâturage au centre de l'image. Ce coup de projecteur, entouré de forêts sombres, fait tout le relief de la photo.

Le téléobjectif se prête bien à ce genre d'image. Au lieu de tout montrer, il découpe : une crête, une tache de lumière, un alignement de sapins. Il rapproche aussi visuellement les plans les uns des autres, ce qui donne cette impression de couches successives. Quand le ciel est agité autour du lac, garde donc un téléobjectif dans ton sac, monte-le sur le trépied et attends que la lumière se pose là où tu la veux. Cela peut prendre quelques minutes comme une demi-heure.

Quelle saison pour photographier le lac Noir ?

Le lac Noir change complètement d'une saison à l'autre, et c'est une bonne raison d'y revenir.

Au début de l'été

Mes deux photos datent du mois de juin. On y voit ce que cette période apporte : des pâturages d'un vert très vif, des forêts sombres qui font contraste, et encore quelques plaques de neige sur les sommets. Les journées sont longues, ce qui laisse beaucoup de temps pour attendre la bonne lumière. En contrepartie, le lac est un lieu de loisirs : baignade, stand up paddle, pêche. Si tu veux une rive tranquille, viens tôt ou en semaine.

En automne

Chaque automne, une désalpe fait redescendre dans la vallée des centaines de vaches et de chèvres ornées de fleurs, après quatre mois passés sur les pâturages qui dominent le lac. Si tu aimes les traditions alpines, c'est un sujet à part entière, mais pense que tu ne seras pas seul ce jour-là.

En hiver

Quand le froid est assez intense, le lac gèle. On y patine, on y joue au hockey, on y fait du ski de fond, et le domaine skiable ouvre au-dessus du lac. Pour la photo, c'est une autre palette : du blanc, du gris, les lignes noires des sapins. Pense que le soleil se couche tôt, vers 16h45 autour du 21 décembre, et que les crêtes qui entourent la vallée peuvent te priver de lumière directe bien avant. Prévois des vêtements chauds, des gants fins pour manipuler l'appareil, et des batteries de rechange gardées au chaud.

Je n'ai pas encore de photo du lac Noir en automne ou en hiver à te montrer. Je te décris donc ces saisons d'après ce que l'office du tourisme en dit, pas d'après mes images.

Les réglages qui comptent au bord du lac

Il n'y a pas de recette magique, mais trois points reviennent à chaque fois que l'on photographie un lac de montagne comme celui-ci.

Le filtre polarisant

Sur l'eau, le polarisant change tout. Tourne-le lentement en regardant l'écran : dans une position, il renforce le reflet du ciel et des montagnes ; dans une autre, il l'efface et laisse voir les tons de l'eau. Aucune des deux n'est la bonne en soi. C'est toi qui choisis ce que tu veux montrer. Sur une photo de reflet, trop de polarisation peut aussi assombrir une partie du ciel de façon inégale : vérifie toujours le résultat sur tout le cadre.

Le contraste entre le ciel et les forêts

Entre des nuages lumineux et des forêts de sapins presque noires, l'écart de lumière est énorme. Expose pour ne pas brûler le ciel et surveille ton histogramme. Si l'écart est trop grand pour une seule photo, fais plusieurs expositions à la suite, depuis ton trépied, et assemble-les au développement. C'est là que vient la touche artistique du post-traitement : retrouver l'atmosphère du moment sans dériver de la réalité de l'instant.

La profondeur de champ

Sur mes deux photos, j'étais à f/8. C'est une ouverture qui garde une bonne netteté du premier plan jusqu'aux montagnes sur la plupart des objectifs, sans perdre en qualité. Si ton premier plan est très proche, un ponton à tes pieds par exemple, fais la mise au point un peu plus loin dans le cadre plutôt que sur l'infini, puis vérifie la netteté en zoomant sur l'écran.

Apprendre à photographier le lac Noir avec moi

Si tu veux travailler tout cela sur le terrain, le plus souple est le cours photo individuel sur le terrain. On décide ensemble du lieu, de la date et de l'heure : le lac Noir en fait partie si c'est là que tu veux progresser. Le cours dure d'une heure à une journée complète, de 180 CHF pour une heure à 950 CHF pour la journée. La page cours photo à Fribourg explique comment cela se passe dans le canton.

Tu préfères apprendre en petit groupe ? Les workshops ont lieu à une date et dans un lieu fixes, avec trois participants au maximum. Toutes les dates ouvertes sont sur la page des workshops photo en Suisse.

En résumé

Le lac Noir est un lieu facile d'accès et facile à parcourir, ce qui en fait un très bon terrain pour progresser. Commence par un tour du lac sans trépied pour repérer tes premiers plans. Ne range pas ton appareil quand le ciel se charge : c'est souvent là que la lumière devient intéressante, même en pleine journée. Garde un téléobjectif pour découper les montagnes, un polarisant pour décider du sort des reflets, et reviens à une autre saison. Et avant de partir, vérifie les fermetures en cours.

Les photos que je te montre ici sont des captations du réel, avec l'atmosphère et l'état des lieux de chaque jour, reprises au post-traitement avec ma touche artistique, sans rien y ajouter qui n'y était pas.

J'espère que cet article te donnera envie d'aller au lac Noir avec ton appareil. Si tu y as fait des photos, ou si tu as une question sur le lieu, écris-moi. À bientôt, et on progresse ensemble !

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