Parc naturel des jonquilles : où photographier ces fleurs en Suisse romande
Salut, je suis Julien Bukowski, photographe paysage basé à Bevaix (Neuchâtel). Chaque printemps, des hectares entiers de jonquilles sauvages transforment certaines forêts et alpages de Suisse romande en tableaux jaunes vibrants. Le terme parc naturel des jonquilles n’est pas une zone protégée officielle au sens strict — c’est un mot que les photographes et promeneurs utilisent pour désigner ces sites de floraison spectaculaire, principalement entre Vaud, Fribourg et Neuchâtel. La fenêtre varie fortement selon l’hiver, de mars (année très douce comme 2026) à fin mai (année tardive).
Si tu lis cet article alors que la saison touche à sa fin, considère-le comme un repérage pour l’année suivante — et profite des dernières floraisons d’altitude si tu te déplaces dans la semaine.
1. La forêt d'Eclépens (Vaud) — mon spot de référence
Sur la commune d’Eclépens, à une vingtaine de kilomètres au nord de Lausanne, un sous-bois clair se couvre de jonquilles au printemps. L’orientation lumineuse de la forêt en début ou fin de journée produit des contre-jours doux qui révèlent la structure des pétales. C’est le site que je connais le mieux, parce que j’y emmène chaque année des photographes en workshop printanier.
Quand y aller : le pic varie fortement selon l’hiver. En 2026 (printemps précoce), j’ai photographié au pic le 7 mars lors de mon workshop annuel. En année normale, le pic se situe plutôt mi-avril à début mai (altitude ~500 m). Lumière oblique 1h après lever ou 1h avant coucher.
Mes réglages habituels : 50 mm ou 85 mm grand ouvert pour isoler les sujets, trépied pour les expositions un peu plus longues qui donnent un flou de mouvement contrôlé sur les fleurs au vent.
2. Les Pléiades et Mont Pèlerin (Riviera vaudoise)
Les pentes des Pléiades, au-dessus de Vevey, sont historiquement connues pour leurs prairies de jonquilles entre fin avril et mi-mai. L’altitude (entre 1100 et 1400 m) décale la floraison d’environ deux semaines par rapport à la plaine, ce qui prolonge la saison de prise de vue.
Le Mont Pèlerin offre des perspectives similaires avec, en arrière-plan, le Léman et les Alpes savoyardes — utile pour composer en superposant le tapis floral et le paysage lointain.
L’erreur à éviter : arriver à midi en plein soleil. La lumière dure aplatit le jaune et brûle les pétales. Vise 7h-9h ou 18h-20h en mai.
3. La Tête de Ran (Jura neuchâtelois)
Plus au nord, sur les crêtes du Jura neuchâtelois entre la Vue-des-Alpes et la Tête de Ran, des jonquilles sauvages tapissent les pâturages d’altitude (~1400 m). Ici la météo printanière reste imprévisible — j’ai déjà photographié des jonquilles surprises par une chute de neige tardive, ce qui crée un contraste rare entre la fragilité du jaune et la couche blanche fraîche.
Quand y aller : pic variable selon l’hiver, observé autour du 28 avril en 2026 (printemps précoce). En année normale, prévoir plutôt fin avril à mi-mai. Veste chaude indispensable (2°C possibles à l’aube début mai) et chaussures imperméables — l’herbe est trempée tôt le matin.
4. Au-delà des jonquilles — narcisses des poètes, anémones, crocus
Quand la saison des jonquilles s’achève en mai, d’autres floraisons prennent le relais et prolongent la fenêtre photographique du printemps. Les narcisses des poètes (Narcissus poeticus, le fameux fleur de mai de la Riviera) fleurissent dès la mi-mai sur les pentes au-dessus de Montreux — un autre tapis blanc-jaune iconique de Suisse romande.
Plus haut, vers 1800-2200 m, anémones soufrées, crocus, gentianes et soldanelles colonisent les premiers alpages dégagés de neige entre fin mai et juin. La saison printanière romande couvre donc presque deux mois en montant progressivement en altitude — un avantage rare quand on photographie le paysage de manière régulière.
Apprendre la photo de jonquilles sur le terrain
Workshop jonquilles Eclépens — édition annuelle début mars (3 places max, coaching individuel). Édition 2026 : 7 mars, pic observé. Édition 2027 : date annoncée selon prévisions météo.
Quand y aller — fenêtre de floraison par altitude
La saison commence par les sites de plaine (Eclépens, 500 m) puis remonte en altitude. Les fenêtres bougent fortement selon l’hiver. Une année douce avance tout le calendrier de plusieurs semaines (mars 2026), un printemps tardif le décale jusqu’à fin mai.
- Eclépens (500 m) : variable selon l’hiver — 7 mars en 2026 (très précoce), typiquement mi-avril sinon
- Pléiades / Mont Pèlerin (1100-1400 m) : pic 5-15 mai (observation non confirmée 2026, estimation typique)
- Tête de Ran / Vue-des-Alpes (1400 m) : fin avril à mi-mai (28 avril en 2026)
Si tu vises 2027, prévois deux week-ends consécutifs au moment où la météo le permettra — surveille les prévisions saison 2027 pour t’adapter.
Approche photo — ce que je cherche sur le terrain
Mon approche reste la même qu’ailleurs : capter ce qui est là, pas reconstituer ce qui pourrait y être. Une prairie de jonquilles photographiée à midi en pleine lumière donne rarement une image intéressante. C’est aux heures basses (avant 9h, après 18h en mai) que la lumière oblique sculpte les pétales et détache les sujets du fond.
- Composition : éviter l’image-tapis (jonquilles vues du dessus). Préférer une jonquille au premier plan, le tapis flou en arrière-plan, ou l’inverse (focus tapis, premier plan détaché).
- Optique : un 50 mm ou 85 mm grand ouvert isole bien les sujets. Le grand-angle marche aussi si tu intègres un élément structurant (arbre, sentier).
- Trépied : utile pour les expositions longues si tu veux un léger flou de mouvement sur les fleurs au vent.
- Filtre polarisant : il sature les jaunes et coupe les reflets sur les pétales. À doser pour éviter le rendu carton-pâte.
Je ne touche pas aux fleurs et ne piétine pas les zones denses. Les jonquilles sauvages sont protégées dans plusieurs cantons romands ; la cueillette est interdite ou strictement réglementée. Le respect du tapis est aussi une condition pour que les photographes y reviennent l’année suivante.
Matériel utile — ce que j'emporte sur le terrain jonquilles
Pour les jonquilles spécifiquement, voici ce que j’emporte :
- Boîtier : reflex ou hybride plein format si possible, pour gérer les hautes lumières des pétales jaunes
- Objectifs : un 24-70 mm pour la polyvalence, un 70-200 mm pour les compressions et plans serrés, optionnellement un macro 100 mm
- Trépied stable pour les expositions longues au lever du jour
- Filtre polarisant circulaire et un filtre ND si tu veux travailler la fluidité de mouvement
- Chaussures de marche imperméables — l’herbe est souvent humide tôt le matin
- Vêtement chaud en altitude (la Tête de Ran peut être à 2°C début mai)
Le post-traitement reste léger : récupérer les jaunes brûlés, équilibrer les ombres, sortir une atmosphère plus que recomposer la scène. C’est l’approche artistique que je défends — capter ce qui s’offre, puis le révéler.
En conclusion — la flore printanière vaut le déplacement
Le parc naturel des jonquilles n’est pas un lieu unique : c’est une mosaïque de sites entre Vaud, Fribourg et Neuchâtel qui s’enchaînent de début mars à mi-mai selon l’altitude et la douceur de l’hiver. Tu peux capter ces fleurs toi-même — pas besoin d’IA pour générer un tapis jaune qui n’existe pas. Le vrai existe déjà, et il est mieux que ce qu’aucun algorithme pourrait inventer.
Pour 2027, l’inscription au workshop jonquilles Eclépens sera annoncée selon les prévisions météo. Inscris-toi à la newsletter juste en dessous pour être prévenu en priorité. Les sessions sont limitées à 3 photographes pour rester en mode coaching individuel sur le terrain, et elles partent généralement en quelques semaines.
Si tu cherches d’autres lieux iconiques de Suisse romande à photographier hors saison jonquilles, mon article sur les 7 lieux iconiques du canton de Neuchâtel couvre des spots accessibles toute l’année. Tu peux aussi apprendre directement avec moi via les workshops photo. On y va ensemble, je t’explique les réglages en direct, et tu repars avec tes propres photos.
Dis-moi en commentaire quel est ton spot jonquilles préféré. J’adore découvrir des coins que je ne connais pas encore.
A bientôt sur le terrain !
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